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Je trouvais que c'était vraiment dommage voir nul de notre part (Bled connexion) de n'avoir pas écrit une seule ligne sur la dernière œuvre du barde de la chanson kabyle Monsieur AÏT MENGUELLET. Ce fut la page blanche http face a une « Feuille blanche ». La raison est simple je comprends a peine la langue kabyle et vraiment je me sentais frustré a mort de ne pas boire les mots du poète surtout que tous mes copains kabyles n'arrêtaient pas d'écouter en boucle son dernier CD. Intitulé « Tawrikt tacebhant » (La feuille blanche).

Du sentiment général qui se dégage à propos de cet album , c'est qu'il est révolutionnaire dans la culture kabyle.Donc, pour noircir notre page http et décodé le message délivré par Dda Lounis l'humaniste, j'ai fait appel a un autre poète Olivier Graïne qui lui développe une autre forme de la poésie, la poésie de la forme, la poésie en 3D, la poésie qui se créée par l'habilité des mains et qui est la sculpture. Presenté comme un cru, buvons donc les mots du poéte.

Par Olivier Graïne
LA FEUILLE BLANCHE, EST MULTICOLORE

Ce cru, du cépage Aït Menguellet d’une grande année, ne s’écoute pas, il se boit chambré. Santé !
Gouleyant il traverse le palais comblé, y dépose délicatement ses arômes par centaines, par milliers;   l’un après l’autre ils éclosent, s’instillent de leurs reflets mordorés devant nos yeux addictes qui en redemandent.
Bacchanale, davantage tragique qu’existentielle, «la feuille blanche»  avec sa note  Darwinienne, demeure une cuvée subtilement subversive.
Une longueur en bouche, des tanins de  destin fondamentalement tragique de  l’Homme. Allons! Congédions les sages, suivons plutôt  les paroles  du fou qui nous professe la jouissance de  l’instant présent.
Dans son arrière goût tuilé,  réside un  hédoniste invétéré qui  ne l’empêche pas de remuer  le mot  dans la plaie des tourments de l’exil, des états d’âmes qu’il charrie, états d’âmes qui  malmènent et déchirent les esprits  à la quête d’un Graal  chimérique;  s’il ne prétend pas guérir les maux des âmes en peine , ce cru en apaise déjà la douleur.

Face à l’angoissante feuille blanche, Ait Menguellet s’efface devant  les  flots des mots indénombrables, qu’il lâche à l’assaut du vide,  où vite,  ils s’organisent et  composent des bouquets aux subtiles fragrances de ce bon phrasé, qui véhicule la fine acuité et le mot idoine des hommes libres de Kabylie. 


Épicurien,  Il nous entraine dans un ouragan de bonté, qui  nous arrache  cramponnés désespérés à la sinistrose quand  ivres, nous surprenons  nos hanches qui se déhanchent,  sur l’épilogue  perlant de ce nectar au rythme étonnamment « country ».
Pour ceux qui ne comprennent pas encore la langue de Si Muhend u Mhend, «Tawriqt tacebhant» -pour ne parler que de cet album-  en est bonne école.  En attendant que vous vous y mettiez, buvons sans modération, jusqu’à l’ivresse  la voix chaude du maître. 
Mesdames et messieurs, nous arrivons au terme de cette flamboyante  Kaada, mais avant de nous quitter, nous vous invitons à porter  un toast :  lebghi n wul negh, notre souhait, est que Aït Menguellet ait la vie la plus longue et la plus belle qui soit, parmi  les siens et parmi nous tous.
Ar tillinik, santé !!!

 

 
 

Lexique :
Tawriqt tachebhant = Feuille blanche
Kaada =  apéro
Ar tillinik = longue vie
http://graine-sculpteur.net/

Tag(s) : #ARCHIVES 2010

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