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Encore une fois, voilà une autre loi de finances qui ignore superbement les activités de l’esprit. Encore une fois, le secteur culturel reçoit moins que des miettes. Le mépris est tel que Khalida Toumi, la ministre chargée de ce secteur, faisant fi de la solidarité gouvernementale, est sortie de sa réserve pour exprimer un courroux légitime face au sort ainsi fait à la culture. En réalité, que cette dernière, quarante-deux années après l’indépendance, soit toujours un secteur totalement marginalisé est un constat qui ne devrait surprendre que les gens crédules. Les intellectuels, universitaires et autres femmes et hommes de savoir sont fixés depuis longtemps sur une réalité amère : les pouvoirs qui ont composé aussi bien le sommet du régime algérien que ses subdivisions intermédiaires et locales ont toujours combattu la création et l’activité culture parce que, d’instinct, ils ne reconnaissent en elles que des vecteurs de contestation, voire de subversion. Voilà pourquoi, en cette fin d’année 2004, le gouvernement et les élus reconduisent les recettes étriquées qui ont mené finalement à la désertification des esprits, à la stérilisation des initiatives scientifiques, à l’extension du fanatisme religieux, à l’intolérance, à la violence et en fin de compte aux immenses destructions qu’a connues le pays

En coupant les vivres au secteur culturel, le Pouvoir renonce à la gestion des musées, s’interdit de protéger et de sauvegarder son patrimoine y compris celui qui est dix fois millénaire, barre la route aux arts (anciens et nouveaux). Ce sont par la même occasion de larges pans de l’économie qui sont ainsi irrémédiablement condamnés. Il encourage donc la population à s’orienter vers ces activités mercantiles qui de nos jours font courir la jeunesse en l’encourageant à pratiquer un affairisme parasitaire. Quant aux Algériens tentés par la création, ils sont poussés à aller se faire voir ailleurs comme tel est le cas depuis maintenant plus de vingt ans. Cinéastes, écrivains, hommes de théâtre et tant d’autres artistes s’adressent aux institutions des pays développés pour faire aboutir leurs projets. Faut-il alors s’étonner que la population algérienne soit si émue lorsqu’elle n’a plus la possibilité d’accéder à Canal satellite et à TPS ? Mais il est vrai que seuls les hommes altruistes ont de grandes visions pour leurs peuples. (nov2004)

Tag(s) : #ARCHIVES 2004

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